Attrition (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XIV e siècle, attricion. Emprunté du bas latin attritio, « action de broyer », et, au figuré, « action d'écraser, de réprimer (un vice) ».
1. Vieilli. Action de deux corps durs qui s'usent par un frottement mutuel ; résultat de cette action. C'est par l' que l'on aiguise, que l'on polit les métaux.
2. Lésion d'un tissu ou d'un organe par frottement ou écrasement.
3. Regret d'avoir offensé Dieu, dû à un motif intéressé, comme la honte ou la crainte d'un châtiment. La charité peut transformer l' en contrition.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 


Physique
Action de deux corps durs qui s'usent par un frottement mutuel. "C'est par l' que l'on aiguise, que l'on polit les métaux."
En termes de Théologie, il signifie Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines du purgatoire ou de l'enfer. "L' ne suffit pas sans la confession."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme de physique. L'action de deux corps durs qui se frottent et s'usent.
VOLT.: « Les métaux, quelque qu'ils puissent éprouver, n'attirent point les corps minces à eux »
    En chirurgie, écorchure superficielle résultant d'un frottement. On a appelé aussi le plus haut degré de la contusion, l'écrasement d'une partie quelconque.

 2   Terme de théologie. Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines.
PASC.: « Dire que la contrition soit nécessaire, et que l' toute seule ne suffit pas avec le sacrement »

SYNONYME
    ATTRITION, CONTRITION. L' est un sentiment intéressé et exprime, en vue des peines qui peuvent être infligées, le regret d'avoir offensé Dieu. La contrition est un sentiment désintéressé, et exprime le même regret, sans aucun regard pour les peines et avec la seule attention au mécontentement de Dieu.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
CALV.: « Ils gergonnent assez de contrition et »
PARÉ: « Pour l' des deux corps solides et durs conjoints ensemble »
PARÉ: « En maniant la partie fracturée, on sent une crepitation et ou craquement »

ÉTYMOLOGIE
    Attritio, de atterere, broyer, de ad, à, et terere, broyer (voy. TRITURER).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


T. de Physique. L'action de deux corps durs qui s'usent par un frottement mutuel. "C'est par l' que l'on aiguise, que l'on polit les métaux."
Il signifie, en Théologie, Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines. "L' ne suffit pas sans la confession."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines. "L' ne suffit pas sans la confession".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte des peines. "L' ne suffit pas sans la confession."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou ATRITION, s. f. ["atri-cion", en vers, "ci-on", tout bref.] Regret d'avoir offensé Dieu par la crainte des peines. On apelle l'"atrition", contrition "imparfaite".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte de ses chastimens. "L'Attrition ne suffit pas sans la Confession".




Emplacement dans le dictionnaire :

attribué
attribuer
attribut
attributaire
attributif
attribution
attristant
attristé
attrister

attritionnaire
attroupement
attrouper
atypique
au
au bout du compte
au commencement
au contraire
au dedans
au dehors
au demeurant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...encore, il savourait ces moelles condensées en de sévères et fortes phrases, telles que les façonnèrent Nicole, dans ses pensées, et surtout Pascal dont l'austère pessimisme, dont la douloureuse attrition lui allaient au coeur. à part ces quelques livres, la littérature française commençait, dans sa bibliothèque, avec le siècle. Elle se divisait en deux groupes : l'un comprenait la littérature...


Citation n°2 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 1)

...? Qu'on y joigne les refus d'évêchés, l'étroite liaison avec Jansénius, auteur du mars gallicus , le mauvais vouloir du père Joseph ; qu'on y joigne même la doctrine sur l'insuffisance de l' attrition et sur la nécessité de l' amour dans la pénitence, qui blessait directement l'opinion posée par Richelieu théologien dans son catéchisme de Luçon : et Richelieu, entiché sur ce point comme en...


Citation n°3 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 1)

...d'un premier ministre patriarche. Ce qui toutefois décida très-probablement l'heure de l'arrestation de M De Saint-Cyran et n'y servit pas de simple prétexte fut cette grande affaire dite de l' attrition . Il faut oser voir les grands hommes comme ils ont été : Richelieu, on l'a dit, ne se piquait pas moins de théologie que de vers, que de guerre ; controversiste et bel-esprit en même temps...


Citation n°4 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 1)

...ces ballets d'un soir, comme ces comédies d'enfants auxquelles il se délassait : elles ne contre-carraient jamais cette politique, elles y aidaient quelquefois. Dans le cas présent, la question d'attrition ne venait dans son esprit contre M De Saint-Cyran qu'à l'appui d'une autre grande raison d'état qu'elle aiguillonnait, bien loin de l'entraver. Une circonstance récente et précise y avait...


Citation n°5 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 2)

...de M De Chavigny particulièrement, il s'était laissé aller à écrire une lettre à celui-ci, qui la devait montrer au cardinal, -une lettre explicative, très-équivoquée, sur la contrition et l' attrition , accordant à cette dernière d'être suffisante avec le sacrement . Mais, la lettre à peine partie, il sentit sa faute ; il en eut un amer regret, une humiliation secrète, aussitôt suivie d'un surcroî...


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